Posséder un mobil-home installé sur une parcelle de camping séduit de nombreux investisseurs privés qui cherchent un revenu complémentaire facile à gérer. Avant de prendre une décision, il est indispensable de poser des chiffres, d’anticiper les coûts réels, de vérifier les contrats et d’intégrer la fiscalité. Voici un guide pratique et chiffré pour vous aider à évaluer la rentabilité et les risques.
1. Calculer la rentabilité : méthode pas à pas
Commencez par estimer le revenu brut annuel. Pour cela multipliez le tarif moyen d’une semaine par le nombre de semaines occupées. Ensuite déduisez toutes les charges : emplacement, entretien, assurances, commissions, taxes et amortissements. Le résultat donne le revenu net avant impôt.
Exemple simple : mobil-home acheté 40 000 €, emplacement 4 000 € par an, loyer moyen 900 € la semaine en haute saison, taux d’occupation annuel 40 % (soit environ 21 semaines). Revenu brut = 900 € × 21 = 18 900 €.
Charges annuelles approximatives :
- Location de l’emplacement : 4 000 €
- Entretien et petites réparations : 800 €
- Assurance multirisque et responsabilité : 300 €
- Commissions et frais de gestion (si passés par le camping ou une centrale) : 2 800 €
- Taxes locales éventuelles : 200 €
Total charges = 8 100 €. Résultat net avant impôt = 18 900 € − 8 100 € = 10 800 €. Rendement brut sur prix d’achat (hors emplacement) = 10 800 € / 40 000 € = 27 % sur l’investissement mobilier uniquement, mais il faut intégrer le coût de l’emplacement et l’éventuel amortissement. Si l’on intègre une quote-part d’amortissement et le coût de l’achat de l’emplacement ou son loyer sur plusieurs années, le rendement réel chute souvent entre 3 % et 8 % annuel.
2. Postes de coûts à prévoir précisément
Pour une estimation fiable incluez :
- Le coût annuel d’occupation de la parcelle (bail ou loyer).
- Les frais d’entretien et de remise en état après saison.
- Les assurances adaptées pour la location touristique.
- Les charges de gestion : commissions de réservations, frais de ménage, frais de commercialisation.
- La taxe de séjour collectée et reversée, plus les taxes locales sur les emplacements si elles existent.
- La provision pour renouvellement (une réserve pour remplacer le mobil-home au bout de 10–15 ans).
3. Fiscalité : micro-BIC ou régime réel ?
Le régime fiscal a un impact déterminant. Sous le régime micro-BIC vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 50 % (ou 71 % pour certaines activités meublées de tourisme) sans justification de charges. C’est simple mais peut être désavantageux si vos charges réelles sont élevées. Le régime réel permet de déduire toutes les charges justifiées (intérêt d’emprunt, amortissement, entretien, assurance, frais de gestion). Il nécessite une comptabilité plus soignée mais peut réduire fortement l’imposition si vos coûts sont importants.
Conseil : simulez les deux régimes avec vos chiffres. Si vos charges dépassent l’abattement forfaitaire, le régime réel sera souvent plus intéressant.
4. Contrats et risques juridiques à vérifier
Avant tout achat, lisez attentivement le contrat de mise en parc ou le bail. Points critiques :
- Durée du bail et conditions de renouvellement.
- Clauses de cession : conditions pour revendre le mobil-home.
- Restrictions concernant la sous-location ou la location touristique commerciale.
- Conditions de résiliation anticipée et pénalités éventuelles.
- Responsabilités du camping en cas de sinistre et assurances requises.
Une clause restrictive peut rendre votre bien difficile à louer ou à revendre. Faites relire le bail par un professionnel si nécessaire.
5. Dépréciation, revente et scénarios
Le mobil-home est un bien mobilier qui se déprécie. Selon la qualité et l’entretien il peut garder une part de valeur si l’emplacement est attractif. Envisagez trois scénarios :
- Sortie rapide (3–5 ans) : forte décote possible, risque de perte en capital.
- Conservation moyenne (6–10 ans) : amortissement progressif, valeur résiduelle limitée mais compensée par revenus locatifs.
- Long terme (>10 ans) : si emplacement pérenne et entretien rigoureux, la décote est plus maîtrisée, mais il faudra prévoir remplacement.
Pour limiter la perte de valeur : entretenez régulièrement, conservez un dossier d’interventions, modernisez l’intérieur et choisissez un emplacement recherché par la clientèle.
6. Checklist avant achat
Vérifiez :
- Le contrat de parcelle et la durée du droit d’installation.
- Les charges annuelles exactes et les augmentations prévues.
- La demande locative locale et la concurrence.
- Les conditions de gestion proposées par le camping.
- La fiscalité applicable et la solution la plus avantageuse pour vous.
- L’assurance et les garanties incluses ou nécessaires.
Acheter un mobil-home pour le louer peut générer un complément de revenu intéressant, mais ce n’est souvent pas un placement « facile » sans risque. La rentabilité réelle dépend fortement du coût de l’emplacement, du taux d’occupation, des frais de gestion et de la fiscalité choisie. Faites des simulations chiffrées, vérifiez les contrats et préparez un plan de trésorerie sur plusieurs années avant d’acheter.
Si vous le souhaitez, je peux vous fournir un tableau Excel de simulation avec vos chiffres (prix d’achat, loyer semaine, taux d’occupation, charges) pour calculer automatiquement la rentabilité nette et comparer micro-BIC et régime réel.



