Bâti ancien : les clés pour réussir sa rénovation énergétique

 

Le patrimoine bâti traditionnel a traversé les décennies voire les siècles et constitue un important volet du patrimoine culturel d’une région. S’il est debout depuis aussi longtemps, c’est qu’il est bâti selon des techniques qui, si elles ne reposaient pas sur des calculs détaillés, ont fait la preuve de leur bon sens et de leur pérennité. Pour préserver à la fois les caractéristiques architecturales remarquables et la pérennité du bâti, il est donc indispensable de bien réfléchir avant de réaliser toute intervention sur une maison ancienne. En effet, dans de trop nombreux cas, la réalisation de travaux inadaptés conduit à l’apparition de pathologies qui n’existaient pas auparavant (problèmes d’humidité…). Cet article a pour but de présenter les caractéristiques du bâti ancien et les éléments à connaître pour réussir sa rénovation énergétique.

 

Qu’appelle-t-on bâti ancien ?

Au sens réglementaire du terme, est considéré comme bâti ancien tout bâtiment construit avant 1948. Dans la réalité, c’est évidemment plus nuancé, la transition entre bâti ancien et bâti moderne se faisant graduellement entre la fin du XIXᵉ siècle et la période d’après-guerre (1945-1950).

 

À l’inverse du bâti moderne, constitué essentiellement de matériaux industriels, le bâti ancien utilise les ressources naturelles locales comme matières premières. 

 

Les spécificités du bâti ancien et les erreurs à éviter

En premier lieu, les logements anciens présentent évidemment des caractéristiques architecturales remarquables. Les longères, maisons à pans de bois, maisons en briques et silex… font la richesse du patrimoine architectural et doivent à ce titre être préservées.

Par ailleurs, du fait des matériaux employés et du rapport plus fort à son environnement, le bâti ancien présente des caractéristiques bien différentes du bâti moderne, que ce soit sur le plan thermique ou hygrométrique.

 

Le renouvellement d’air

Une maison ancienne n’est pas étanche à l’air. Les fuites d’air (principalement au niveau des menuiseries) assurent la ventilation naturelle du logement. Les travaux de rénovation (changement des menuiseries, isolation…) vont réduire fortement les fuites d’air de la maison, ce qui peut être considéré comme positif du point de vue énergétique. Toutefois, si aucun système de ventilation mécanique n’est mis en œuvre en parallèle, il y a alors de forts risques de créer des problèmes d’humidité, celle-ci n’étant plus correctement évacuée du logement.

Il faut garder en tête qu’une ventilation adaptée est indispensable dans tout logement, d’une part pour évacuer l’humidité, mais également pour garantir la qualité de l’air intérieur.

 

Le comportement thermique

Ses matériaux plutôt lourds confèrent au bâti ancien une inertie importante (capacité des parois à emmagasiner la chaleur pour la restituer ultérieurement), source de confort en hiver comme en été.

En revanche, l’effet de paroi froide généré par les murs non isolés peut être source d’inconfort et d’augmentation des besoins de chauffage. En effet, la température ressentie dans une pièce correspond globalement à la moyenne entre la température de l’air et la température des parois. Au-delà d’un écart de 3 °C entre les 2, la sensation d’inconfort apparaît avec comme conséquence, la nécessité d’augmenter la température de l’air et donc les consommations de chauffage.

Ainsi, en rénovation, on va chercher à corriger cet effet de paroi froide sans perdre la qualité d’inertie des murs. Cela peut être fait de plusieurs façons : mise en œuvre d’un enduit intérieur isolant (type chaux-chanvre), isolation par l’extérieur…

 

Le comportement hygrométrique

À l’inverse des bâtiments modernes, où la stratégie est de s’isoler des entrées d’eau, le bâti ancien est constitué de matériaux poreux, qui laissent migrer l’humidité. C’est ce qu’on appelle les parois perspirantes. Ainsi, l’eau est naturellement présente dans les parois d’un bâti ancien, mais dans son état initial, il l’évacue naturellement grâce à ses matériaux capillaires. Toute intervention venant faire obstacle à cette circulation naturelle peut ainsi conduire à la création d’importants problèmes d’humidité. C’est le cas des enduits extérieur étanches (ciment) et des isolants ou parements intérieurs étanches (polystyrène, papier peint, vinyle…).

 

En rénovation, il est donc primordial d’utiliser des matériaux perspirants appropriés aux supports d’origine. 

 

La source des désordres peut également être l’étanchéification des sols extérieurs (dalle béton devant la maison) ou intérieurs (sol de cave), qui concentrent les remontées capillaires au niveau du mur.

Par ailleurs, la mise en œuvre d’une isolation par l’intérieur peut créer un risque de condensation dans les murs, la température de ceux-ci diminuant du fait de l’isolant.

 

Le diagnostic : outil indispensable avant d’engager des travaux

On l’a vu, le principe général d’une rénovation réussie sur un bâti ancien est d’améliorer les performances thermiques du logement sans porter atteinte à sa pérennité, ses qualités architecturales ou son confort d’usage.

Avant d’engager des travaux, il est de ce fait fondamental de bien connaître la composition du bâti pour identifier les actions adaptées. La réalisation d’un diagnostic initial est donc indispensable. Il doit s’appuyer sur un audit énergétique détaillé (et non un simple DPE) réalisé par un bureau d’études thermiques.

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